Non, vous n’aviez pas abusé du pineau : des aurores boréales ont bel et bien fait une apparition remarquée dans la nuit du 19 au 20 janvier au-dessus de l’île de Ré. Et pas des petites timides.
« Mieux qu’en mai 2024 ! » s’enthousiasme encore Xavier Plouchart, président de Ré Astronomie, qui attendait l’événement comme un enfant la veille de Noël… version solaire. La cause de cette féerie ? Une éruption solaire classée X1.9, autrement dit une énorme colère du Soleil. Seul hic : la météo, qui a pris un malin plaisir à jouer avec ses nerfs toute la journée. Mais vers 21h30, miracle : quelques trouées dans les nuages. Téléphone dégainé, SMS envoyés à tout son carnet d’adresses : “Sortez. Maintenant.” Les aurores étaient au rendez-vous.
Du rose, du vert et des étoiles plein les yeux
Cap sur Le Fier, légèrement à l’écart du centre nautique d’Ars-en-Ré, pour immortaliser le spectacle. « Des nuances rosées qui se baladaient sur des draperies verdâtres… Franchement, même Netflix n’aurait pas osé », s’émerveille Xavier Plouchart. Un moment suspendu, intense, offert gratuitement par Dame Nature (sans abonnement).
Ce ciel-là n’avait pourtant rien à voir avec celui du 10 mai 2024, déjà mémorable. « Cette fois, le vert était incroyablement puissant, montant à 30 ou 40 degrés au-dessus de l’horizon. En mai, c’était plutôt rouge violacé, avec des piliers d’aurores qui grimpaient jusqu’au zénith. Autant dire que le ciel change de garde-robe selon l’humeur du Soleil. »
Côté chiffres, les sites spécialisés parlent d’un indice Kp de 8 sur 9, histoire de confirmer que la Terre avait sérieusement été secouée. « Et le Bz ? -60 ! Mieux que les -50 de mai », précise l’animateur scientifique, visiblement fier de ce score cosmique. Traduction pour les non-initiés : c’était du très, très lourd.
Après deux heures de spectacle pyrotechnique céleste, rideau : le ciel s’est de nouveau couvert. Mais le souvenir, lui, reste bien dégagé. « Ce cycle solaire est exceptionnel. Trois nuits d’aurores sous nos latitudes, c’est rarissime. » Comme quoi, même à l’île de Ré, on peut parfois voyager très loin… sans quitter la Terre.






